Ileana Mălăncioiu

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Née en 1940 dans le village de Godeni, à l’ouest de Bucarest, Ileana Mălăncioiu étudie la philosophie, notamment l’œuvre de Lucian Blaga, et soutient en 1975 une thèse sur La Faute tragique (les tragiques grecs, Shakespeare, Dostoïevski, Kafka), mais c’est la Bible, le seul ouvrage présent dans la maison parentale, qui influencera le plus profondément son œuvre poétique.
Son premier recueil, L’Oiseau décapité, paraît en 1967.
Écartée de l’enseignement par les autorités communistes, elle ne travaille pas pendant plusieurs années, mais publie régulièrement des volumes, puis devient rédactrice pour la revue culturelle Viaţa românească. Au chevet de Dorina, qui allait sur ses trente trois ans, elle écrit Ma soeur en l’au-delà (1980). Sa véhémente intervention au Congrès des Écrivains de 1981 – concernant la dégradation dramatique des conditions de vie en Roumanie – et l’indépendance d’esprit qui émane de ses textes lui valent une surveillance accrue de la part du régime ; L’Ascension de la montagne (1985) est retiré des librairies et interdit.
Après la « révolution » de 1989, qu’elle est une des premières à décrier, elle devient rédactrice en chef de Viaţa românească
(dont elle avait démissionné en 1987). L’échec de la transition économique et politique du pays et sa propre intégrité la
conduisent à une vie de plus en plus retirée, quoique son oeuvre lui ait valu de nombreux prix – tant pour sa poésie que pour ses essais (littéraires et politiques) – et de multiples traductions de par le monde.
Depuis le « démonisme paysan » de ses premiers poèmes (l’expression appartient à un critique), elle creuse un même
chemin solitaire vers la vérité, où l’obsession de la mort, l’angoisse et la charge volontaire de la faute s’ouvrent lentement
en un apaisement spirituel, non dépourvu de gratitude pour les quelques consolations obtenues – le calme spectacle du défilé des saisons, dans l’isolement d’une montagne qu’il faut sans cesse gravir à nouveau, et l’écriture. « Expression d’un mode de vie », « exercice de survie », la poésie d’Ileana Mălăncioiu voit la lumière crue qu’elle jette sur le réel comme sur soi redonner sens aux termes dignité et pureté.

Bibliographie indicative :

Le Cœur de la reine, 1971
Des lys pour mademoiselle la mariée, 1973
Combustion totale, 1976
La Ligne de vie, 1982
Voyage vers moi-même, 1987
Crime et moralité, 1993
Chronique de la mélancolie, 1998
Exercices de survie, 2010

En français :

Peste zona interzisă/ À travers la zone interdite, trad. A. Bentoiu,
Bucarest, Eminescu, 1984.

Site Web : http://ro.wikipedia.org/wiki/Ileana_M%C4%83l%C4%83ncioiu

 

Les publications de Ileana Mălăncioiu

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Trois poètes roumains De Ileana Mălăncioiu, Matei Vişniec et Constantin Acosmei - le murmure

Trois poètes roumains

Ileana Mălăncioiu, Matei Vişniec, Constantin Acosmei

De Ileana Mălăncioiu, Matei Vişniec et Constantin Acosmei

le murmure - mars 2014

20,00 €

→ Livre papier