LIU Daren

C’est à Taiwan que Liu Daren a commencé à écrire et qu’il est publié. Né en Chine en 1939, il y est arrivé peu avant la victoire des communistes sur le continent en 1949 ; mais il vit à l’étranger depuis quarante ans. Le gouvernement nationaliste replié à Taiwan y impose la loi martiale jusqu’à la fin des années quatre-vingt. Étudiant en philosophie, LIU Daren écrit déjà et s’intéresse aux rapports de la littérature et du réel. En 1972, après des études de sciences politiques à Berkeley, il ne peut rentrer à Taïwan en raison de ses activités politiques. Il se fixe aux États-Unis où il travaille à l’ONU. Il est autorisé à retourner à Taïwan en 1983 ; ce voyage ainsi que les deux qu’il a faits auparavant en Chine tempèrent son engagement. Mais son œuvre littéraire et ses contributions à des journaux et revues témoignent de l’acuité de son regard et de sa lucidité. Il éprouve, comme il le dit dans une interview en 1997, « le besoin de se libérer de Big Brother ». Il a, selon ses propres termes, « écrit quelques livres, sans trop comprendre pourquoi, par hasard et par nécessité ». Ses premières œuvres de fiction reflètent plus directement son intérêt pour l’histoire récente de la Chine. La plus célèbre, L’Azalée pleure du sang, est la recherche d’une vérité à travers plusieurs témoignages autour d’un personnage central poussé à la folie – ou la jouant. Mais par la suite, dit-il, il les trouve trop prolixes et veut s’inspirer de la brièveté et des procédés allusifs des récits classiques chinois. On sera peut-être surpris par l’aspect lisse et paisible de certains de ces textes. Mais sous ce glacis et l’effet esthétique de la description se décèlent un passé désenchanté ou des conflits qui se dénouent souvent avec une souriante ironie. Les rapports entre générations y tiennent une grande place ; il a d’ailleurs consacré à son père un long récit, Le Vent s’apaise le soir, qui est aussi celui de sa propre relation à la tradition. Souvent est évoquée une jeunesse oubliée ou trahie. Les récits traduits ici sont extraits de deux recueils, Le Capiteux Soleil de l’automne (Qiuyang si jiu, 1986) et Le Vent s’apaise le soir (Wanfeng xixi, 1990), tels qu’ils ont été publiés alors (dans une réédition collective de 1998, les recueils n’ont pas le même contenu). Sans que ce soit toujours très explicite, on y passe d’un temps à un autre, de la Chine à Taïwan ou aux États-Unis, une ambiguïté qui n’a été levée que si cela semblait indispensable.
 

Les publications de LIU Daren

0 publications - Trier par :